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Selon la mission interministérielle sur les mutations économiques (MIME), la délocalisation d'entreprise désigne le déplacement d'une activité économique de la France vers l'étranger dont la production est ensuite importée dans l’hexagone.
Les secteurs de l'industrie concernés par les délocalisations sont nombreux : cuir, textile, habillement, métallurgie, électroménager, automobile, électronique… Egalement touché, le secteur tertiaire : centres téléphoniques, informatique, comptabilité… Toute production de masse ou service répétitif est susceptible d'être délocalisé dans des territoires où le coût de la main d'œuvre est nettement moindre. Les territoires bénéficiaires des délocalisations d'entreprises sont l'Inde, le Maghreb, la Turquie, les pays d'Europe centrale et orientale et l'Asie.
Causes Une étude de la direction de la recherche économique (1993) montrait qu’un travailleur hongrois coûtait cinq fois moins cher qu’un français, et un travailleur Malgache pratiquement quarante-six fois moins cher. Même si ces écarts ont tendance à se réduire, ils restent très importants en 2007. Les pays en développement (PED) offrent également une main-d’oeuvre de plus en plus qualifiée en se spécialisant dans certaines productions : horlogerie à Hong-Kong ou logiciels informatiques en Inde. Ces pays pratiquent également des politiques incitatives pour attirer les productions étrangères. Il s’agit généralement de tarification douanières privilégiées (en Thaïlande, on ne paie pas de droits de douane sur les importations si les marchandises sont exportées après transformation), des dispositions juridiques facilitant les transferts financiers - Au Maroc, par exemple - ou encore de fiscalités attractives (on ne paie pas d’impôt sur les bénéfices à Taiwan). Débat Mais n’est-ce pas aussi une voie de croissance pour des PED et un outil permettant une meilleure redistribution des richesses à l’échelle mondial ? Il faut préciser que cet argument relève davantage d’une conséquence de la délocalisation que d’une cause. L’entreprise se déplace pour des raisons de profit et de rentabilité, et non pas en ayant comme dessein l’aide au développement. En outre, son comportement dans les PED n’est pas toujours très correct. Nike, l’une des plus grandes firmes multinationales, a élaboré une forte stratégie territoriale de délocalisation qui a conduit à certains abus. Par exemple, aux Philippines il a été découvert que des employés effectuaient plus de 60 heures hebdomadaires. Un autre exemple fit beaucoup de bruit en 1996 : des enfants étaient exploités notamment pour la fabrication de ballons de football. Le cas de Nike, mondialement connu, est loin d’être isolé.
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