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Énergies renouvelables pour un développement durable
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Le GERES agit en faveur des énergies renouvelables depuis 1976. Pourtant à l’époque, ces thématiques n’étaient pas aussi en vogue qu’aujourd’hui.
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C’est un groupe de chercheurs marseillais travaillant sur les énergies renouvelables qui est à l’origine de l’association ; suite au premier choc pétrolier, l’objectif était d’informer et de promouvoir ces alternatives en France puis dans les pays du Sud. Alain Guinebault, 51 ans, travaille avec le GERES depuis plus de 20 ans. Il a commencé sa carrière comme enseignant technique en Afrique. Une expérience qui l’a convaincu de s’investir pour les pays en développement car l’accès à une énergie propre et raisonnée est bien la première étape vers un développement durable.

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Questions à
Alain Guinebault
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Dirigeant durables : Le GERES à été fondé en 1976. Vous étiez parmi les premiers sensibilisés aux énergies renouvelables…
Alain Guinebault : C’est vrai, nous étions des précurseurs dans ce domaine, mais vous savez, nous avons « mangé du pain maigre » durant de nombreuses années ! À présent, notre travail commence enfin à être reconnu.
Parlez nous des actions du Geres dans les pays du sud…
Pour nous, l’énergie est une porte d’entrée au développement économique et social. 80% de nos activités se font dans les pays du Sud où nous apportons en collaboration avec nos partenaires un soutien technique, méthodologique mais aussi financier. La plupart des pays en développement utilisent le bois, ressource peu chère et facilement disponible. Nous travaillons selon deux axes. Premièrement, l’amélioration des processus d’utilisation de l’énergie traditionnelle; il y a tout intérêt à économiser le bois car son exploitation pèse sur l’environnement (déforestation, érosion, etc.). Nous oeuvrons également pour le recours aux énergies renouvelables comme l’architecture bioclimatique, cela peut se traduire par une serre solaire rattachée à la maison ou par une meilleure isolation. Combinées, ces méthodes permettent jusqu’à 50% d’économie d’énergie. Evidemment, nos actions ont également un impact social car diminuer la consommation de bois signifie réduire le travail des femmes et des enfants responsables de cette tâche.
Pourriez-vous nous donner un exemple représentatif de vos actions ?
Nous travaillons depuis 10 ans au Cambodge sur l’économie du bois. Ce pays tropical subit une forte déforestation en raison de l’importante demande urbaine en bois de cuisson. Nous avons commencé en 1997 par étudier les modes d’utilisation du bois de façon à apporter une amélioration technique qui corresponde aux usages des cambodgiens. Les résultats nous ont permis d’établir le cahier des charges d’un cuiseur économe en énergie, abordable financièrement pour la population et concevable par les entreprises locales. Aujourd’hui, 200 000 familles cambodgiennes utilisent ces cuiseurs améliorés, ils économisent 30 euros et près d’une tonne de bois par an. Nos calculs, audités par des experts du protocole de Kyoto, montrent que cette opération a évité le rejet de 100 000 tonnes de CO2 en 2006.
Depuis le début, vous aidez à la diffusion des énergies renouvelables dans le sud est de la France…
Oui. Nous animons, dans le cadre du plan national de lutte contre le changement climatique, les « Espaces Infos Énergie » de Marseille Provence, du Pays d’Aubagne et de l’Etoile. L’intérêt du public pour les énergies alternatives a considérablement augmenté ces dernières années, mais l’un de nos soucis est de bien faire comprendre qu’énergies renouvelables et économies d’énergies sont indissociables. Par ailleurs, en partenariat avec le Conseil Régional PACA et l’Ademe, nous soutenons le développement de la production d’électricité verte à partir de petites centrales hydroélectriques.
Vous avez également été précurseur pour la compensation volontaire des émissions de CO2…
Oui. Fin 2004 nous avons été les premiers en France à développer ce concept. L’outil « CO2 Solidaire » donne la possibilité aux entreprises, aux collectivités et aux particuliers de compenser le CO2 inévitable, émis notamment lors de déplacements en avion ou en voiture. Par exemple, un aller-retour Marseille/Bruxelles en avion dégage 0,27 tonnes de CO2 par voyageur et correspond à une compensation « CO2 Solidaire » de 7 euros. Chaque année, un européen parcours en moyenne 10 200 kms en voiture, ce qui représente 1,50 tonnes de gaz carbonique, soit l'équivalent de 36 euros. Les fonds ainsi collectés sont investis dans les projets de développement économes en CO2 portés par le GERES dans les pays du Sud, et permettent d’éviter l’émission de prés de 100 000 tonnes de dioxyde de carbone chaque année.
Que pensez-vous de l’engouement pour le développement durable ? Quelles sont vos attentes et vos craintes ?
J’ai peur que l’expression se galvaude car il me semble que ceux qui parlent le plus de développement durable ne sont pas forcément les plus actifs. En même temps cet engouement sert la sensibilisation et la compréhension du concept.
Quelles mesures aimeriez-vous que l’état prenne dans le domaine de l’énergie ?
Il faudrait une batterie de mesures ! Si ce super ministère de l’environnement et du développement durable fonctionne, je dis « chapeau » ! C’est certainement ainsi qu’il faut agir, mais à mon avis, les bagarres avec les lobbies de l’énergie centralisée vont être rudes. Je suis plutôt confiant concernant les mesures techniques sur les bâtiments ou les véhicules propres. Par contre, si nous voulons sincèrement changer les choses sur le long terme, l’enjeu se trouve davantage dans nos comportements, nos systèmes d’organisation et d’urbanisation.
Propos recueillis par Caroline Dangléant
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