Près de 90% de la population active travaille mais à l’intérieur de cette catégorie, les onditions d’emploi sont multiples. 12 % de l’ensemble des personnes employées ont un statut précaire, dans le privé comme dans le public.
En tant qu’employeur, l’Etat ou les collectivités locales ne font pas vraiment mieux que les entreprises soumises à la concurrence. Norme Ainsi les CDD, les contrats aidés et autres contrats d’apprentissage tendent à devenir une norme de recrutement. Par exemple, en 2004, 73% des embauches dans les établissements de plus de 10 salariés étaient des contrats courts*. Quant au temps partiel, il progresse d’un point par an sur la dernière décennie, atteignant désormais plus de 17 % de l’emploi total.Jusqu’à présent, on ne peut pas parler d’une instabilité radicale de l’emploi. Le CDI à temps plein demeure majoritaire. Son poids diminue, mais il représente encore 86 % de l’emploi salarié en 2004 contre 91 % en 1975. Avec le papy boum, la tendance est par ailleurs à l’amélioration. Les femmes et les jeunes d’abord Par leur position d’entrants sur le marché du travail, les jeunes constituent la principale cible de l’emploi précaire. Ensuite la proportion de ce type de contrat diminue avec l’âge. Mais des travaux statistiques montrent d’ores et déjà que chaque génération occupe finalement moins d’emplois stables que la précédente (Insee, 2005). Les jeunes d’aujourd’hui sont appelée à plus de mobilité que leur parents au cours de leur existence (changement d’employeur, période de formation, reconversion éventuelle, congé sabbatique...) 30 % des femmes de 15 à 59 ans ayant un emploi sont à temps partiel, contre 5 % des hommes du même âge. Le temps partiel déstabilise la garantie de revenu qu’est le Smic (salaire minimum interprofessionnel de croissance). Fixé sur une base horaire, ce dernier ne permet plus d’éviter une pauvreté laborieuse croissante : 3,5 millions de personnes touchaient un salaire inférieur au Smic mensuel, en 2003, dont 80 % de femmes. Adaptation Nous devons toutefois nous interroger sur ce que devrait être une prise en compte responsable de la précarité. Peut-on, en effet, exiger de la stabilité au niveau de l’emploi dans un monde chaotique ? Les entreprises, notamment les PME se renforcent-elles ou se fragilisent-elles lorsqu’elles s’engagent sur des emplois stables alors que leur carnet de commande ne l’est pas ? Dès lors une lutte simpliste contre la précarité ne produit-elle pas des effets contraires à ce qu’elle recherche ? Ne serait-ce pas à la société tout entière de s’adapter à un monde qui change en intégrant la précarité dans ses modes de fonctionnement ? Est-il par exemple normal d’avoir tant de mal à se loger lorsque l’on se trouve en CDD ?
* : Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) |