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Quand les industries se mettent à l’écologie

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En 2001, quelques hommes d’entreprises décident de fonder une association pour promouvoir le nouveau mouvement qu’est l’écologie industrielle.

Aujourd’hui, Ecopal (pour Ecologie Economie partenaires dans l'action locale) incarne la référence française en la matière grâce au travail effectué sur deux zones industrielles de la région Dunkerquoise. De par la densité et la diversité d’industries, ce territoire était idéal pour développer de tels projets. D’autant plus que la région est sensibilisée à l’environnement et au développement durable depuis longtemps. Antoine Bousseau, directeur régional de La Lyonnaise des eaux et président d’Ecopal nous dévoile les réalisations et les ambitieux projets de l’association.


Questions à

Antoine Bousseau

 


Dirigeants Durables : Donnez-nous votre définition de l’écologie industrielle ?
Antoine Bousseau : Cette discipline considère un territoire industriel à la manière d’un écosystème naturel. Le principe de base est de limiter l’entrée des ressources et la sortie des déchets en en recyclant un maximum sur place. Cela en optimisant tous les transferts de matière et d’énergie localement. L’écologie industrielle se concentre sur les échanges et interactions de déchets, d’énergie, d'eau et sur la préservation des écosystèmes locaux ; elle comporte aussi un volet social. Le territoire Dunkerquois est extraordinaire car on y trouve l’énergie et le dynamisme de grandes industries alliées à une réelle volonté du respect de l’environnement. Des préoccupations a priori contradictoires qui trouvent une synergie dans l’écologie industrielle.

Quelles actions avez-vous mis en place dans les zones industrielles du dunkerquois ?
Les déchets représentent la partie la plus évidente. Nous avons mis en place des systèmes de déchetteries mobiles et des collectes pour des produits particuliers que les PME ont souvent du mal à valoriser. Cela va du papier des archives aux D3E (déchets d’équipements électriques et électroniques) pour lesquels les points de recyclage n'existaient pas encore. En matière d’amélioration énergétique, nous avons conçu une méthodologie pour optimiser les flux d'énergie de l’entreprise. Sur l'eau, nous avons élaboré un diagnostic très simple pour permettre à chaque industriel d’identifier les gisements possibles de récupération. Nous préparons également un diagnostic multi entreprises pour optimiser le recyclage entres-elles. En écologie, nous avons mis en place un inventaire faune/flore suivi annuellement sur les ZI avec la préconisation de corridors naturels pour établir un continuum et préserver la biodiversité. Concernant les aspects sociaux, nous avons établi des sessions de formation sur les différents thèmes abordée par l’écologie industrielle. Enfin, en collaboration avec la communauté urbaine de Dunkerque, nous étudions les déplacements professionnels pour optimiser les plans de transport en commun.

Ecopal existe depuis 2001, comment ses interventions ont-elles évolué depuis le début ?
Nous avons démarré nos projets sur deux zones industrielles : Grande-Synthe et Petite-Synthe qui représentent près de 6000 emplois. Mais depuis 2006, nous intervenons sur les sept ZI du dunkerquois. Nous avons eu un double rôle : promoteur de l'écologie industrielle et animateur de clubs de zone. Ces clubs regroupent des industriels qui désirent mutualiser un certain nombre d'efforts pas nécessairement liés à l'écologie industrielle. Nous étions précurseurs en la matière. Depuis 2006, la CCI de Dunkerque reprend l’animation de ces clubs, ainsi nous pouvons nous concentrer sur l'écologie industrielle. Donc aujourd'hui les entreprises font appel à 2 entités aux missions complémentaires : la CCI en ce qui concerne la vie de la ZI et Ecopal pour ce qui relève de l'écologie industrielle. D'ici fin 2007, nous devrions atteindre les 300 entreprises adhérentes. C'est une grande force de l'association.

On imagine aisément les avantages de l’écologie industrielle pour l’environnement. Parlez nous des avantages pour l’entreprise…
Il s’agit de service au sens large du terme. L’écologie industrielle permet de mutualiser les moyens pour mettre en place, à un prix très compétitif, des actions de progrès pour l’environnement.

Quelles sont vos ambitions aujourd’hui ?
Nous envisageons d’étendre l’influence d’Ecopal sur l’ensemble de la Côte d’Opale. Déjà, nous intervenons ponctuellement sur le Calaisi et le Boulonnais notamment par des formations et sur les déchets puisqu’un projet de recyclage doit avoir une certaine ampleur pour fonctionner. À l’échelle régionale et nationale nous souhaitons améliorer notre communication restée jusque là trop timorée. Enfin, nous aimerions à moyen terme créer une filière d’écologie industrielle à l’Université du Littoral - Côte d’Opale.

En octobre vous allez démarrer une vaste étude des flux sur tout le territoire Dunkerquois. Parlez nous de ce projet sans précédent dans l’hexagone…
Jusqu’à présent nous progressions de manière quelque peu opportuniste : un sujet émergeait à l’initiative d’un petit groupe d’entreprises, nous le traitions seulement si d’autres étaient intéressées. Désormais nous souhaitons structurer notre démarche. Grâce à un partenariat avec la Région, le Département, la Drire (Direction Régionale de l'Industrie de la Recherche et de l'Environnement), la Communauté Urbaine de Dunkerque et la CCI nous débutons sur tout le Dunkerquois, un vaste inventaire des flux entrants et sortants d’énergie, de matière, d’eau, de personnes, etc. Les identifier permettra de mieux réfléchir à leur optimisation : mutualisation, partage, recyclage … Cette façon de faire est tout à fait innovante en France. L’étude, démarrée en octobre, devrait s’étaler sur deux années. Elle ouvrira probablement la voie à diverses installations (compostage, méthanisation, plate forme multimodale ...) et à des actions innovantes pour de nombreuses années.

Propos recueillis par Caroline Dangléant




 
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