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L’écologie par la petite porte
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Le groupe Millet à été créé il y a plus de 60 ans par Camille Millet, artisan menuisier amoureux du bois. Aujourd’hui l’entreprise familiale de portes et fenêtres fait partie des 5 plus gros fabricants français. Avec une spécificité tout de même, un engagement exemplaire dans le respect de l’environnement.
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Grâce au travail soutenu de leurs 650 salariés, Millet produit aujourd'hui plus de 200 000 portes et fenêtres par an pour 80 millions d’euros de chiffre d’affaires. Fabrice Millet, l’actuel PDG et petit fils du fondateur, a réellement mouillé sa chemise : Le jeune homme a commencé sa carrière comme charpentier dans une société allemande de construction de maisons écologiques. Ce savoir-faire, il l’a employé pour bâtir sa propre maison respectueuse de l’environnement. Édifice qui a servi en quelque sorte de prototype pour le tout nouveau siège social de Millet. Interview de ce PDG engagé.
Dirigeants Durables : Depuis quand faites-vous du développement durable et quelles étaient les motivations de départ ?
Fabrice Millet : Mon père avait initié sans formalisme particulier une logique de respect de l’environnement au sein de l’entreprise : réduction du gaspillage, élimination des déchets toxique, tri sont des pratiques intégrées depuis longtemps. Moi-même j’ai une forte sensibilité aux thématiques du développement durable, c’est donc naturellement qu’en arrivant à la tête de l’entreprise, en 2002, j’ai formalisé cette démarche en intégrant à l’entreprise une chargée de mission développement durable. Pour moi le respect de l’environnement va avec le respect de l’être humain et de sa santé. C’est simplement du bon sens.
Alors quelles sont vos actions en faveurs du développement durable ?
Beaucoup de choses. Par exemple, en 2004, nous avons lancé une gamme de fenêtres en bois éco conçue en partenariat avec le CTBA (Centre Technique du Bois et de l’Ameublement, aujourd’hui le FCBA). L’objectif est de travailler sur l’optimisation de la matière : des bois naturellement durables, économie d’énergie sur la fabrication, capacité à recycler le produit en fin de vie et enfin, suppression des produits toxiques. Nous souhaitons que toutes nos gammes soient éco conçue le plus rapidement possible. Mais cela avance au rythme de la recherche. Aujourd’hui nous sommes à environ 20%. Concernant le transport, nous avons mis en place des systèmes pour promouvoir le co-voiturage chez les salariés. En outre, nos transports sont optimisés puisque les matières premières sont récupérées directement chez le fournisseur avec notre propre flotte de camion. Ainsi les transports à vide nous évitons au maximum. Cette année, nous avons construit les locaux de notre siège social (800m²) de manière totalement éco conçue. Isolation en cellulose, moquette recyclée, peintures sans solvants, toiture végétale, tous les fils électriques sont protégés car ils émettent des ondes électromagnétiques nocives après une trop longue exposition. Il y a aussi une ventilation double flux avec puit canadien. Ce qui nous a d’ailleurs valu le grand prix de la qualité de vie au bureau en 2007.
Vous tenez à associer vos salariés dans cette démarche de développement durable...
Oui, ils sont consultés sous forme de groupes de travail sur chacun de nos sites de productions. Chacun fait des propositions sur la base des sept cimes à atteindre : éliminer le gaspillage, éliminer toutes formes de pollution et de produits toxiques, utiliser des énergies renouvelables, développer un cycle de production respectueux de l’environnement, optimiser les transports des personnes et des produits, transmettre aux parties intéressées les principes du développement durable et établir des relations de commerce durable pour créer des partenariats à long terme avec nos clients et fournisseurs, car nous ne sommes qu’un maillon de la chaîne.
Vous heurtez-vous à des difficultés avec vos clients et fournisseurs ?
De moins en moins. C’est vrai qu’il y a quelques années certains fournisseurs ne voulaient pas jouer le jeu du développement durable qu’ils considéraient comme une lubie d’écolo ! Depuis la campagne présidentielle et le grenelle, nous sommes pris plus au sérieux. Les gens veulent développer des partenariats avec nous sur le développement durable comme Bouygues construction.
Vous comptez parmi les leaders dans votre domaine d’activité. Pensez-vous que le développement durable vous amène un avantage concurrentiel ?
Aujourd’hui nous avons une reconnaissance sur le marché en terme de développement durable et les clients y sont de plus en plus sensibles. Mais je n’irais pas jusqu’à dire que nous sommes leader grâce au développement durable. Cependant, les commerciaux remarquent clairement que certains clients viennent vers nous pour cette spécificité. C’est une réelle valeur ajoutée depuis 2007 seulement.
Que pensez-vous de l’engouement pour le développement durable aujourd’hui ? Quelles sont vos attentes et vos craintes ?
Ce mouvement est vraiment une lame de fond, toutes les entreprises vont ou commencent à allez dans ce sens. J’espère, en revanche, que les effets d’annonce ne vont pas retomber face aux lobbies industriels qui n’ont pas d’intérêt dans l’accroissement du développement durable. Il me semble qu’aujourd’hui la pression du grand public est trop forte pour revenir en arrière. Nous entrons dans une phase où tout le monde se bouge.
Quels sont vos projets à venir pour l’année 2008 ?
Nous allons développer des indicateurs sur nos produits. Après avoir calculé le bilan carbone de nos sites de fabrication, des analyses du cycle de vie vont êtres réalisées sur l’ensemble de nos produits pour évaluer leurs impacts environnementaux. Nous allons également continuer à innover pour éliminer tous les produits toxiques de nos modes de fabrication, utiliser davantage de matière recyclée. Il s’agit également de fabriquer des produits performants au niveau thermique. L’éco conception de nos produits et leurs performances thermiques sont deux axes majeurs à développer. Beaucoup de confrères communiquent sur le deuxième en négligeant trop souvent le premier.
Propos recueillis par Caroline Dangléant
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